Dans ma philosophie, je distingue deux manières complémentaires de percevoir et de comprendre le monde : le prosaïque et le poétique. Ces deux approches ne s’opposent pas, elles se complètent et s’enrichissent mutuellement.
- Le prosaïque
Le prosaïque correspond à la dimension rationnelle, logique et structurée de notre esprit. C’est la partie de nous qui analyse, mesure, classe et organise les informations. Elle cherche l’efficacité, la clarté et la précision. Le prosaïque se rapproche de la carte routière : il trace des chemins sûrs, balisés, utiles pour atteindre un objectif. Dans la vie quotidienne, c’est ce qui nous permet de résoudre un problème technique, de gérer une organisation, de prendre des décisions rationnelles ou d’expliquer le fonctionnement d’un phénomène. Il s’agit donc de la vision analytique et pragmatique du monde. - Le poétique
Le poétique, lui, représente la dimension intuitive, émotionnelle et créative de notre esprit. Il valorise le sensible, l’imaginaire et l’ouverture à l’inconnu. Là où le prosaïque segmente et ordonne, le poétique relie, nuance et donne du sens. On peut l’associer à une carte topographique qui révèle les reliefs, les paysages subtils et les courbes invisibles aux yeux d’une carte strictement routière. Dans la vie quotidienne, le poétique s’exprime par l’art, la contemplation, l’intuition, l’émerveillement devant la nature, ou encore par cette capacité à percevoir des connexions invisibles entre les choses. - Leur complémentarité
Pris isolément, chacun a ses limites : une vision uniquement prosaïque réduit la richesse du monde à ce qui est mesurable et utile, tandis qu’une vision uniquement poétique risque de manquer de repères et de structure. Mais ensemble, ils forment une alliance féconde : la rigueur du prosaïque soutient l’élan créatif du poétique, et la profondeur intuitive du poétique élargit le champ d’analyse du prosaïque.