Pensée Complexe

Les grands principes de la pensée complexe

  1. Le principe systémique
    Tout élément doit être compris dans ses relations avec les autres. Un phénomène prend sens uniquement dans le réseau d’interactions auquel il appartient.
  2. Le principe hologrammatique
    Chaque partie contient, sous une certaine forme, l’information du tout (comme une cellule porte l’ADN de l’organisme). Ainsi, le local et le global se reflètent et s’influencent mutuellement.
  3. Le principe dialogique
    Deux notions apparemment contraires (ordre/désordre, raison/émotion, prosaïque/poétique) peuvent être à la fois opposées, complémentaires et indissociables.
  4. Le principe de récursivité
    Les effets rétroagissent sur les causes : les produits d’un système deviennent eux-mêmes producteurs de ce qui les a engendrés (par exemple, la société forme des individus qui, en retour, transforment la société).
  5. Le principe d’écologie de l’action
    Toute action, une fois lancée, échappe à son intention initiale et produit des conséquences imprévues. Il est donc essentiel de garder une vigilance permanente et une adaptabilité.
  6. Le principe d’auto-éco-organisation
    Les systèmes vivants s’auto-organisent, mais toujours en interaction avec leur environnement. Un être ou une société ne peut se comprendre qu’en lien avec le contexte qui le nourrit et le transforme.
  7. Le principe du tiers inclus
    Au-delà de la logique binaire (vrai/faux, bien/mal), il existe des zones intermédiaires où des contradictions peuvent coexister et s’enrichir.

La pensée complexe comme outil d’harmonisation du prosaïque et du poétique

La pensée complexe, telle qu’élaborée par Edgar Morin, a pour vocation de relier ce qui est séparé, d’accepter les paradoxes et de tenir ensemble des dimensions multiples de la réalité. C’est précisément ce qui en fait un outil privilégié pour harmoniser le prosaïque (rationnel, logique, mesurable) et le poétique (intuitif, sensible, créatif).

  • Relier au lieu de séparer : le prosaïque tend à découper et analyser, le poétique à relier et ressentir. La pensée complexe évite que l’un prenne le dessus sur l’autre : elle met en relation ces approches pour construire une vision plus riche et cohérente.
  • Accepter la dialogique : là où la logique classique oppose raison et émotion, objectif et subjectif, la pensée complexe montre qu’ils peuvent être à la fois antagonistes et complémentaires. Elle légitime donc la coexistence et la fécondité du prosaïque et du poétique.
  • Prendre en compte le contexte : le prosaïque éclaire les détails et les structures, le poétique révèle le sens global et l’expérience vécue. La pensée complexe articule le local et le global, permettant de passer du précis au symbolique et d’éviter les visions fragmentées.
  • Donner du sens dans l’incertitude : la pensée complexe intègre l’imprévisible et le paradoxe, ce que le prosaïque seul a du mal à gérer. Grâce au poétique, elle introduit l’ouverture, l’imaginaire et l’intuition comme ressources nécessaires pour naviguer dans l’incertain.

En somme, la pensée complexe agit comme une méthode d’équilibrage : elle donne une place au prosaïque pour structurer et analyser, tout en reconnaissant au poétique sa capacité à élargir et enrichir le regard. L’harmonisation naît de cette cohabitation assumée, où chaque dimension éclaire et compense les limites de l’autre.

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